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3 articles avec musique

Une année en REP+ : Panser son âme

Publié le par Loumánková

Je ne m'attendais pas, pour ma première année dans l'enseignement, à être confrontée à tant d'épreuves. J'ai souvent l'impression de travailler dans l'humanitaire plus que dans un collège. Je fais face à une misère sociale sans nom, à une violence que je ne pouvais imaginer ainsi qu'à des agressions quotidiennes de toutes sortes.

Je n'y étais pas préparée : l'Education nationale m'a jetée dans une mer en pleine tempête alors que je savais à peine nager.

Ainsi chacune de ces épreuves est une claque qui gifle mon âme. Un petit bout de bonheur qui se décolle de mon cœur. Un poids supplémentaire au fardeau de l'enseignement que je porte sur mes épaules. En regardant mon visage, j'ai le portrait de Dorian Gray qui me revient de temps à autre à l'esprit. La Rep+ décrépit-elle mon être ? Suis-je encore la même personne qu'à la rentrée ? Vais-je réussir à me sauvegarder, à rester intègre avec moi-même ?

En apprenant le viol de l'une de mes élèves de sixième la semaine dernière, je me suis sentie abattue. A l'intérieur de moi, je bouillonnais de rage et je pleurais d'injustice pour cette petite fille. Mais il m'était alors impossible d'extérioriser des sentiments si puissants que je n'avais encore jamais appréhendés à un tel degré. J'en étais tout raide, toute crispée. Crier ou pleurer ? Comment mettre des mots sur une telle horreur ? Comment exprimer ce que je ressentais ? Ma poitrine et mon ventre en sont devenus entièrement bloqués. J'avais mal à mon âme et mon corps m'envoyait des signaux d'alerte.

Alors que faire ? Comment panser mon âme meurtrie ?

Le bouclier que je me suis construit est fait d'art, de littérature et de musique. Le beau. Il me fallait du beau face à toute cette misère. De la douceur face à cette violence innommable. J'ai finalement réussi à exprimer ma tristesse en écoutant le Requiem de Mozart, à me détendre en sentant les cordes de ma guitare vibrer jusqu'au plus profond de mon ventre, à m'apaiser en découvrant des oeuvres de Botticelli et de Michel Ange à Florence. Le soir, j'abreuve mon esprit de vers d'Apollinaire, d'Eluard ou de Rimbaud. Je l'emplis de beau et je le vide de ces mauvaises pensées qui me hantent.

Ce bouclier est fragile. Chaque épreuve tente de me l'arracher et l'abime. Mais il agit telle d'une bouée de sauvetage dans ces eaux déchaînées, qui, si elle ne m'empêche pas de boire la tasse, parvient à me maintenir à flots. Car je ne peux me permettre de sombrer : j'ai 135 élèves à qui faire cours et pour lesquels je tente d'être un phare dans leur obscurité.

La naissance de Vénus, de Botticelli

La naissance de Vénus, de Botticelli

Le bonheur en partant m'a dit qu'il reviendrait.

Jacques Prévert

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Refuge et consolation

Publié le par Loumánková

C'est après avoir passé un week-end à fondre en larmes à la moindre contrariété que mes proches m'ont incitée à me recentrer sur moi-même, à penser à moi, à me faire du bien et tenter d'oublier mes élèves quand je suis chez moi. En bref, à préserver mon petit nid douillet qui commençait à s'effriter.

C'est ainsi qu'après une journée particulièrement difficile, mes yeux se sont posés sur ma belle guitare en épicéa qui, trônant sur pied dans le bureau, n'attendait que de se faire cajoler. Avec soin je la nettoyai. Avec tendresse je la posai sur mes cuisses. Avec passion mes doigts touchèrent les cordes. Leurs vibrations si douces et apaisantes se propagèrent alors dans mon corps et je sentis peu à peu mon ventre se dénouer. Le monde de la musique s'ouvrait à nouveau à moi et je m'y promenais avec délectation.

"Les trois muses" de Eustache Le Sueur (1652-1655)

"Les trois muses" de Eustache Le Sueur (1652-1655)

Mais c'est aussi grâce à ma mère que j'ai réussi à ressaisir la confiance que j'avais en moi et à calmer mon stress et mon énervement. J'étais dans un tel état de tensions, seulement 3 semaines après la rentrée, qu'il ne m'a pas été facile d'accepter la main qu'elle me tendait.

Cette main s'appelle musicothérapie. Elle m'avait déjà été d'un grand secours deux ans auparavant. Elle sera désormais mon refuge.

Avec une bande sonore montée sur mesure avec tout l'amour maternel nécessaire, je me suis finalement laissée aller à la relaxation. Je me suis sentie m'enfoncer dans le matelas, m'enraciner dans le sol. J'ai senti mon esprit partir, mon corps s'engourdir. Il n'y avait plus que moi, dans ma bulle. Une bulle de bonheur et d'apaisement. Je n'étais plus allongée dans la chambre mais j'étais en train de courir sur l'herbe fraîche et verte du printemps, à rejoindre un ruisseau de montagne et à admirer le soleil se couchant à l'horizon...

Petit à petit la musique me ramena au temps présent. Les murs de la chambre reprenaient forme et mon esprit réintégrait mon corps. A l'aide de respirations profondes et de mouvements amples et lents, je naissais à nouveau.

Je me sentais prête à affronter mes élèves.

“La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.”

Platon

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Guérisseuse des âmes

Publié le par Loumánková

Mon nom est Euterpe.

Fille de Zeus et Mnémosyne
Des dieux grecs je suis cousine.

A vous autres mortels
J’ai joué, libre et éternelle
La flûte Aulos avec pathos
Du mont Olympe à Hélénos.

Muse parmi les muses
Autour de moi la musique fuse !

A l’aide d’Apollon, dieu des arts
J’ai complété mon savoir.

La musique loin d’être une bagatelle
Se fait langage universel.

Douce et reposante, Demi déesse,
J’incarne à moi seule la délicatesse.

La musique, langue des émotions,
Voici la plus belle passion !
La musique comme loisir
Tel est mon plus grand plaisir !

"La musique" de Alfons Mucha

"La musique" de Alfons Mucha

Publié dans Musique

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