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Une année en REP+ : point final

Publié le par Loumánková

J'ai rendu les clés, vidé mon casier, dit au revoir à quelques collègues. Il est temps de partir. Voilà que je m'éloigne enfin de cet établissement, sans un regard en arrière. La blessure est encore trop vive.

Blessée mais endurcie.

Le débarquement en REP+ a été un traumatisme. J'ai été choquée, ébranlée, désorientée. Tous les codes sociaux avec lesquels j'ai grandi ont volé en éclats. Misère, violence, haine, harcèlement, racisme, discrimination, etc. Je n'étais pas préparée à affronter cela et à devoir le côtoyer au quotidien.

L'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation a toujours éludé mes questions lorsque je tentais de me projeter en tant que jeune néotitulaire de 23 ans dans un des collèges les plus difficiles de France. Peut-être n'avait-elle tout simplement pas de réponse ?

Avec le recul, j'aurais souhaité avoir des cours de psychologie de l'enfance et de l'adolescence pour mieux pouvoir agir et de sociologie afin de mieux les comprendre, mieux communiquer avec cette société qui m'était totalement étrangère. Des cours de relaxation également afin de savoir comment me ressourcer, comment lâcher prise et prendre de la distance. Mais au nom de la "liberté pédagogique", aucun outil de nous a été fourni.

Il a donc fallu se débrouiller seul. Au cours de cette année, j'en ai plus appris sur moi-même et sur mes limites que sur l'enseignement. Je sais à présent ce dont je suis capable et je me sens forte de cette expérience. Je l'ai fait. Et d'un côté j'en suis fière car enseigner en REP+ est un continuel défi.

L'an prochain, je change de vie. Je suis mutée dans un collège de campagne, au nord d'Orléans. Un collège "normal". J'y suis allée prendre un premier contact. En franchissant la porte, j'ai été marquée par le calme qui y règne. Et tous ces sourires ! Les élèves disent "bonjour", "merci". Je n'entends pas hurler dans les couloirs. Je ne vois pas de violentes bagarres. Je n'entends pas d'insultes. Où suis-je ? Au paradis des profs ? C'est donc ça la "normalité" ?

J'ai pris un risque en demandant une mutation au bout de seulement un an mais ça a payé. J'ai obtenu plus que ce dont je pouvais rêver. Je me sens une énergie retrouvée. La guérison est proche.

Renaissance. Envol. Sensation de liberté. Je vais enfin pouvoir vivre !

Quoi de mieux qu'un phénix pour illustrer ce nouveau départ et faire un clin d'oeil à Harry Potter ?

Quoi de mieux qu'un phénix pour illustrer ce nouveau départ et faire un clin d'oeil à Harry Potter ?

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