Une année en REP+ : Irrespect

Publié le par Loumánková

En avril dernier, j'ai été mise face à une situation qui m'a profondément choquée. Un élève s'est masturbé en cours devant moi, à tel point que le bout de son sexe a fini par dépasser de son short (voir l'article "Au creux de la vague"). A ce moment-là, j'avais rédigé un rapport disciplinaire et attendais une sanction exemplaire sachant que cet élève était déjà passé en commission éducative un mois auparavant.

Mais rien. "Le pauvre n'avait qu'un short à se mettre" m'avait sorti la Principale pour minimiser cet acte pour le moins indécent. J'avais insisté sur le fait que des petites filles de 11 ou 12 ans étaient présentes dans la salle et auraient pu assister à cette scène portant atteinte à la pudeur. "Nous verrons pour une sanction."

Les semaines sont passées et aucune mesure n'a été prise. Pas même la famille n'a été informée.

La semaine dernière, arrive ce qui devait arriver : l'élève récidive dans le cours d'une collègue bien plus expérimentée que moi.

Voici les "sanctions" mises en place :

- Un entretien avec l'infirmière... Je ne pensais pas qu'aller voir l'infirmière devait être vu comme une punition pour les enfants... Je reste sans voix. D'autant plus que l'administration n'a pas précisé à cette infirmière qu'il s'agissait d'une récidive de la part de l'élève !

- L'exclusion du collégien dans les cours de la collègue. J'en conclus donc que cette dernière, étant dans l'établissement depuis plusieurs années, bénéficie d'un traitement de faveur face à une jeune néotitulaire. Pourquoi n'en a-t-il pas été de même avec moi ? Pourquoi ai-je à nouveau eu à faire face à cet élève dès le lendemain 8 heures ?

Explication de la hiérarchie pour se justifier de si faibles "sanctions" : il ne pouvait "être puni davantage en raison du côté "pathologique" de son problème" ! ... Propos démenti par l'infirmière elle-même ! Depuis quand abaisse-t-on les peines et les sanctions en supposant une pathologie sans la moindre preuve médicale ? On marche sur la tête !

Ce soir, je suis hors de moi. Ma hiérarchie me manque éhontément de respect. Je me sens insultée, méprisée et dévalorisée. En tant que professeur mais aussi en tant que femme.

Faut-il leur rappeler que la victime dont il est question ici, ce n'est pas l'élève ?

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