Une année en REP+ : concertations

Publié le par Loumánková

Afin d'apaiser le climat scolaire, des concertations de 1h30 par semaine ont été mises en place dans les établissements REP+ depuis maintenant deux ans. D'après les textes officiels, ces réunions "visent à favoriser le travail en équipe de classe ou disciplinaire" et il est bien précisé que cela de doit pas "avoir vocation à se traduire par une comptabilisation".

Des concertations le plus souvent inutiles et déplacées.

Dans notre établissement, il avait été décidé que nous ferions une concertation de 3h tous les quinze jours. A la quasi totalité de ces réunions, un inspecteur académique était présent au fond de la salle et nous observait. Si notre présence n'avait pas à être prouvée par une signature, le personnel de direction faisait bien tout le tour de l'établissement pour vérifier notre assiduité. Le retrait sur salaire chassait ses proies !

Le plus décevant était de nous voir imposer par la direction un planning de concertations autour de différents thèmes qui ne correspondaient pas nécessairement (pour ne pas dire jamais) aux problématiques auxquelles nous faisions face. Certaines réunions consistaient même à rester assis trois heures sur une chaise à écouter un pseudo spécialiste de la pédagogie différenciée nous présenter de nouvelles trouvailles inapplicables en éducation prioritaire !

De la perte de temps !

De nombreuses après-midi ont ainsi été gâchées. Au point que nous étions parfois obligés de nous réunir sur les heures de repas pour régler les véritables points de frictions et trouver des solutions pour "améliorer le climat scolaire".

Certaines semaines, je me suis retrouvée à être nullement concernée par le planning de concertation. Parfait ! Je pouvais rentrer chez moi et préparer mes cours ! Eh ben non ! Obligation de présence, coûte que coûte ! Une absurdité... C'est ainsi que pendant des heures, le collège se transformait en radeau de la méduse. Les élèves absents, les professeurs délaissés s'échouaient sur les canapés, se shootaient au café et aux petits beurres, relatant leurs faits d'armes respectifs en classe. Rien de très brillant.

On en est donc arrivé à avoir certains collègues trouvant systématiquement une excuse pour échapper à ces concertations ubuesques : club théâtre, rendez-vous avec un parent, énorme tas de copies à corriger, etc. La plupart se pointaient avec une demi-heure de retard quand d'autres ne se donnaient même plus la peine de venir. Mais allions-nous vraiment les blâmer ?

Le Radeau de la Méduse, Théodore Géricault (1791 - 1824)

Le Radeau de la Méduse, Théodore Géricault (1791 - 1824)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article