Une année en REP+ : Sur le fil du rasoir

Publié le par Loumánková

C’est la crise au collège. Il s’est passé des choses graves ces derniers jours et nous nous sommes réunis d'urgence entre professeurs pour mettre en place des solutions rapides.

Ici, plus personne ne se sent en sécurité.

- Une gamine a tenté d’allumer un incendie devant le collège ;

- Deux élèves sont à l’hôpital suite à une violente bagarre (les pompiers ont dû intervenir) ;

- Un professeur a reçu des menaces de mort ;

- Un autre a été agressé ;

- Un élève a sorti un couteau en classe ;

- Un autre a trainé une élève par les cheveux sur plusieurs mètres dans les couloirs après l’avoir frappée au sol devant un collègue et moi-même qui avions dû en séparer deux qui s’étranglaient violemment deux minutes auparavant ;

- Les professeurs sont régulièrement tutoyés et insultés par les élèves ;

- Un gamin a montré son sexe en plein cours aux autres élèves (sans compter un des miens qui s’était masturbé sans gêne).

- Etc, etc.

Et quasiment aucun de ces faits n’a été sanctionné, ou en tout cas, pas assez sévèrement. Le couteau en classe ? « On s’en occupe, pas besoin de faire un rapport » ! L’incendie devant le collège ? « Ça s’est passé à l’extérieur ». Le gamin qui se masturbe ? « Le pauvre, il n’avait qu’un short à se mettre ». Et souvent, ce ne sont que des avertissements ou simplement des « informations à la famille » qui tombent.

La raison ? La Principale part à la retraite dans 1 an et chaque conseil de discipline, chaque élève exclu fait baisser sa prime. Tout ce laxisme est lié aux statistiques : il faut de bons chiffres à montrer au rectorat. Il faut faire bonne figure.

Alors nous, professeurs, on en a eu marre. Si dans une semaine rien ne change, si dans une semaine la Principale n'a pas contacté la Mairie pour réclamer des policiers à la sortie de l'établissement pour protéger nos élèves, si les sanctions appropriées ne sont pas prises, on devra agir. On renverra les élèves chez eux, on avertira les parents, le Maire, la presse, le rectorat, l’inspection académique et on refusera de faire cours tant que rien ne change.

Voilà où nous en sommes.

Source : www.beekoz.fr

Source : www.beekoz.fr

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