Une année en REP+ : hurlements

Publié le par Loumánková

Hier, après deux heures de cours se déroulant dans une normalité de REP+, j'ai cherché une de mes classes dans la cour. Une classe que je redoute car je sais qu'avec eux, ce n'est jamais facile.

Hier, rien qu'à l'extérieur, j'ai déjà dû en séparer plusieurs qui s'amusaient à se taper dessus et à s'étrangler, en réprimer d'autres qui sautaient dans tous les sens en hurlant.

Le vendredi, impossible de les calmer avant de les faire entrer en classe : la salle en question ne le permet pas car en laissant les élèves devant la porte, on bouche le passage et on crée encore plus de chahut.

Hier, j'ai donc fait entrer dans la salle des élèves surexcités, hurlant, courant, se tapant malgré mes interventions. J'ai mis un quart d'heure à réussir à me faire entendre tant le volume sonore était élevé. Un quart d'heure avant de pouvoir les remettre sévèrement en place et leur demander de s'asseoir dans le calme, faisant peser la menace d'une évaluation imminente.

Hier, ayant mis en place un système par équipes de valorisation de la prise de parole et de sanction pour bavardages dans cette classe particulièrement difficile, j'ai eu droit à des hurlements généralisés dès que l'idée me prenait de sanctionner une équipe. Il faut savoir que ce n'est jamais de leur faute. Ils ne font jamais rien.

Pendant l'heure, j'ai aussi eu droit à une élève à l'air arrogant me sortant plusieurs "j'men fous" lorsque je passais la voir lui demandant de se mettre au travail ou d'arrêter de hurler en classe malgré la menace d'un rapport disciplinaire pour manque de respect.

Enfin, hier, j'ai dû exclure un élève. Un élève qui ne s'était pas montré à sa première heure de colle car "il n'avait rien fait" et ne voyait pas pourquoi il devait se pointer. Un élève que j'ai repris plusieurs fois pendant l'heure pour qu'il cesse de bavarder et de se retourner. Un élève qui a fini par me lancer, droit dans les yeux : "c'est du racisme !"

Hier, j'ai fini par fondre en larmes dans les bras de mon époux. Mais il a fallu que je les sèche, que je me reprenne, car deux classes m'attendaient encore avant le week-end.

Photographie de Robert Doisneau

Photographie de Robert Doisneau

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